ISRAËL EN IRAK

Les élections frauduleuses en Irak ne sont pour nous qu'une farce grotesque et dramatique. Il leur a fallu une dizaine de jours pour compter les bulletins de vote... c'est dire qu'on a pris son temps pour ajouter les bulletins manquants, vu que la "grande participation" des votants ne fut qu'un "grand mensonge".
Ce qu'il faut retenir du résultat, c'est que les Kurdes sont au gouvernement. Et que leur capitale est Kirkouk, base stratégique pétrolifère du pays...
Et quand on sait l'intérêt que porte Israël aux Kurdes... qu'il n'est un secret pour personnes que l'armée entraîne les peshmergas et que les services secrets israéliens sont très présents en Irak...(1) il nous vient à l'idée qu'ils ne doivent pas être les derniers à ajouter leur touche personnelle pour que le grand chaos soit...
Les kurdes sont l'oeil d'Israël et Talabani est enfin à la bonne place...
LES ISRAELIENS SE SERVENT DES KURDES POUR EDIFIER LEUR BASE AVANCEE
Par Gary YOUNGE
New York - Les agents de l’armée et des services de renseignement israéliens sont actifs dans les régions kurdes de l’Iran, de la Syrie et de l’Irak, où ils assurent la formation d’unités commandos et mènent des opérations secrètes qui pourraient à l’avenir déstabiliser encore un peu plus l’ensemble de la région, d’après un reportage publié par la revue New Yorker.
Cet article a été écrit par Seymour Hersh, reporter lauréat du prix Pulitzer, lequel a révélé le scandale des tortures perpétrées notamment dans la prison américaine d’Abu Ghraïb (à Bagdad). Ses sources sont d’anciens et d’actuels responsables du renseignement israéliens, américains et turcs, dont le nom, on le comprendra, n’est pas cité.
Israël, pense Hersh, a pour objectifs de renforcer la puissance militaire des Kurdes, afin de contrebalancer celle des milices chiites et de créer, en Iran, une base à partir de laquelle les Israéliens pourront espionner les installations nucléaires iranienne, soupçonnées de procéder à des recherches dans le domaine des applications militaires.
« Israël soutient depuis toujours les Kurdes d’une manière tout à fait machiavélique : ils représentaient un contrepoids, face à Saddam », a déclaré un ex-officier du renseignement israélien au New Yorker. « C’est de la Realpolitik. En s’alignant sur les Kurdes, Israël y gagne des yeux et des oreilles. En Iran, en Irak et en Syrie. La question fondamentale est la suivante : « Que fera l’Iran si un Kurdistan indépendant est créé, lequel entretiendrait vraisemblablement des relations très étroites avec Israël ? L’Iran ne veut pas d’un porte-avion israélien échoué dans les montagnes, juste à sa frontière...»
En soutenant les séparatistes kurdes, Israël risque aussi de s’aliéner son allié turc et de saper les tentatives visant à mettre sur pied un Irak un tant soit peu stable. « Si on s’achemine vers un Irak déchiré, il y aura encore plus de sang, de larmes et de douleur au Moyen-Orient, et ce sera de votre faute (i. e. : aux intervenants étrangers à la région) », a déclaré un haut responsable turc à M. Hersh.
Au début du mois, Intel Brief, une newsletter spécialisée dans le renseignement et éditée par d’anciens responsables de la CIA, faisait observer que les manœuvres israéliennes font peser une pression accrue sur leurs relations avec la Turquie, pays déjà très affecté, voire même épuisé, par la guerre (en Irak). « Les Turcs sont de plus en plus inquiets au sujet de l’expansion de la présence israélienne au Kurdistan et des encouragements qu’Israël prodiguerait aux ambitions kurdes quant à la création d’un Etat kurde indépendant. »
D’après M. Hersh, Israël a décidé de renforcer son entrisme au Kurdistan, l’été dernier, après qu’il fut devenu très clair que l’incursion américaine en Irak était vouée à l’échec, principalement parce qu’il (= Israël) redoutait que le chaos (en Irak) n’ait pour effet de renforcer la position de l’Iran. Les Israéliens sont particulièrement préoccupés par le fait que l’Iran est susceptible de mettre au point l’arme nucléaire.
L’Iran a déclaré samedi dernier qu’il envisageait de suspendre certaines de ses activités d’enrichissement de l’uranium, après que l’Agence Internationale de l’Energie Atomique eut publié une résolution déplorant le manque de coopération de l’Iran en matière de contrôle.
A l’automne, l’ancien ministre israélien des Affaires étrangères Ehud Barak avait dit au vice-président américain (Dick Cheney) qu’il considérait que les Etats-Unis avaient perdu la guerre, en Irak. « Israël a appris à ses dépens qu’il n’y a aucun moyen de perpétuer une occupation », a-t-il dit à Cheney, ajoutant que le seul problème était « celui de choisir l’ampleur de (votre) humiliation ».
Depuis juillet 2003, argue M. Hersh, le gouvernement israélien s’est lancé dans ce qu’un ancien responsable israélien du renseignement a appelé le « Plan B », afin de se protéger contre les retombées résultant du chaos provoqué par le fiasco américain en Irak, et cela, dès avant la date fatidique du 30 juin. Si le transfert de souveraineté qui doit intervenir ce jour-là ne se passe pas bien, « il n’y a pas de matelas où nous recevoir… il n’y a rien du tout ! », a dit à Hersh un ancien membre du Conseil National (américain) de Sécurité. « Les néocons persistent à croire qu’ils pourront sortir le lapin de leur haut-de-forme de prestidigitateur, en Irak… » ironise un ancien responsable du renseignement. « Un plan, c’est quoi, ça, un plan ?… », s’offusquent-ils, «… mais nous n’avons pas besoin de plan : la démocratie est assez forte. Nous allons l’établir (en Irak !…) et la faire fonctionner… »
Israël entretient de longue date des relations étroites avec les Kurdes, en qui ils voient, à juste titre, l’un de leurs rares alliés non-arabes dans la région. Les Kurdes d’Irak, qui ont joué un rôle clé dans la fourniture de renseignement aux Etats-Unis, avant et en préparation de la guerre, ont été ulcéré par la résolution adoptée, au sujet de la situation en Irak, par l’ONU, il y a quelques jours. Cette résolution ne réaffirme nullement la constitution intérimaire (irakienne), laquelle leur accordait l’inscription d’un droit de veto (et même : minoritaire) dans une (hypothétique) constitution (irakienne) définitive. Cette omission risque fort, potentiellement, de les laisser sur le bas-côté de la route.
Un responsable turc a indiqué à M. Hersh que l’indépendance kurde serait catastrophique pour l’ensemble de la région. « La leçon infligée par la Yougoslavie, c’est que lorsque vous donnez à une province (qu’on a décidé d’appeler « pays ») son indépendance, tout le monde veut déclarer la sienne : Kirkouk risque de devenir la Sarajevo de l’Irak. Si quelque chose de fâcheux se produit là-bas, bien malin qui saura contrôler la crise qui en découlera. »
Sources : http://www.stopusa.be/scripts/texte.php?section=BRBD&langue=1&id=22861
http://www.webzinemaker.com/admi/m9/page.php3?num_web=28597&rubr=3&id=249974