cali a écrit : "
Front nord
Les relations entre l'Etat hébreu et les partis kurdes d'Irak sont anciennes et étroites
Des combattants Kurdes formés en Israël
TEL-AVIV (correspondance particulière).
Jusqu'à ces dernières semaines, le Mossad et l'Aman (les renseignements militaires israéliens) ont joué, avec l'aval de Washington, un rôle très actif dans la préparation du Parti démocratique kurde (PDK) et de l'Union démocratique kurde (UDK) à l'ouverture d'un deuxième front contre le régime de Saddam Hussein.
Peu après l'arrivée au pouvoir de Georges Bush, le Mossad a accéléré le rythme de formation de certains cadres d'Al-Essayech, le service de renseignements et d';action du PDK. Par le biais de cette structure, les agents israéliens ont notamment pu recueillir des informations sur les activités d'Ansar al Islam (les Partisans de l'islam), une organisation également installée au Kurdistan et qui est soupçonnée d'entretenir des liens avec Al-Quaïda.
Coopération secrète
En outre, ils ont pu suivre le développement des opérations lancées par les renseignements militaires irakiens du général Al Hajili qui tentait d'infiltrer le PDK et l'UDK afin d'accentuer les divergences entre les deux organisations et empêcher de la sorte le développement de l'administration kurde autonome.
Dans le cadre de cette coopération secrète entre les partis kurdes et les services de l'Etat hébreu, plusieurs responsables d'Al-Essayech, parmi lesquels Karim Senjari, son chef, ont été reçus à une ou à plusieurs reprises à Tel-Aviv pour y suivre des cours de formation. Mais ils ne sont pas les seuls, car des hauts responsables de l'UDK ont également bénéficié de discrètes invitations dans l'Etat hébreu ainsi que de conseils opérationnels dispensés par ses spécialistes.
A ce propos, ces dernières années, plusieurs personnalités non kurdes de l'opposition irakienne en exil ont également entretenu des contacts avec Israël.
Certaines d'entre elles ont même été invitées à visiter ce pays, ce qui risque de les discréditer dans l'opinion arabe lorsque celle-ci aura connaissance des faveurs dont elles ont bénéficié.
Quoi qu'il en soit, les relations entre les Kurdes et l'Etat hébreu sont anciennes. Au début des années trente, alors qu'Israël n'existait pas encore, Reuven Chiloah, le futur fondateur du Chaï (le service de renseignements de l'organisation sioniste qui allait ensuite donner naissance au Mossad) avait déjà créé des liens avec les tribus kurdes d'Irak, alors qu'il était lui-même affecté à Bagdad afin d'y faciliter l'émigration des juifs vers la Palestine.
Embryon
Beaucoup plus tard, dans le courant des années soixante, le Mossad et l'Aman soutenus par la CIA, par le MI6 britannique, ainsi que la Savak (les services spéciaux du Chah d'Iran), ont formé et armé les peshmergas, les combattants de Moustafa Barzani (le père de l'actuel leader du PDK) qui dirigeait alors une révolte indépendantiste contre le pouvoir central de Bagdad.
Ce sont ces contacts étroits créés au fil du temps qui ont récemment été mis à profit par l'Etat hébreu pour préparer la collaboration sur le terrain entre l'embryon de l'armée autonome kurde et les para-commandos américains qui ont commencé à s'installer hier dans le nord de l'Irak.
Serge DUMONT
Source : LA VOIX DU NORD
http://www.lavoixdunord.fr
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