Elle travaille après sa libération avec Jacques Vergès, qu'elle épousera en 1965, sur Révolution africaine, un magazine centré sur les révolutions nationalistes africaines. Elle a eu deux enfants, Meriem et Liess Vergès, de son mariage avec Vergès. Le 20 Novembre 1995, elle a une petite-fille, Fatima Nur Arcanys Vergès Habboub, du côté de sa fille Meriem et du mari de celle-ci, Fouad.
Sa vie a été adaptée au cinéma par Youssef Chahine dans le film Djamilah, sorti en 1958, pour anecdote, Chahine se rendra en Algérie en pleine guerre d'indépendance pour la rencontrer, il n'y parviendra pas. Son parcours est aussi évoqué dans la première partie du film L'Avocat de la terreur, consacré à Jacques Vergès.
Témoignage
« Le 9 avril 1957 au matin, dans une ruelle de la Casbah d'Alger, une étudiante de 22 ans, Djamila Bouhired, ne pouvant fuir devant les rafales de mitraillette, fut arrêtée par les militaires français. Une balle, pénétrant dans le dos, lui avait fracassé la clavicule et perforé le sein gauche. Transportée à l'hôpital, elle fut interrogée, quatre heures plus tard environ, puis conduite dans une maison inconnue, non loin de la capitale, où elle fut atrocement torturée.
« II y avait là, dira-t-elle par la suite « un capitaine, petit, châtain, Français d'Algérie à en juger par son accent, et d'environ quarante ans, un lieutenant, un sergent-chef, et deux soldats : un parachutiste préposé au « laboratoire », et un second chargé de consigner les aveux ».
Dans la nuit du 17 au 18 avril, Djamila Bouhired, que son frère cadet rejoindra une . semaine plus tard, pour connaître à son tour les raffinements de la torture, est suppliciée à l'électricité tandis que bourdonnent, là-haut, des moteurs d'avions. Laissons-la rapporter elle-même la séance : « Les trois capitaines, qui m'avaient emmenée de l'hôpital vers 21 heures, et les deux parachutistes me mirent nue et l'on me banda les yeux. On m'attacha sur un banc en prenant soin de disposer sous les liens des chiffons humides aux poignets, aux bras, sur le ventre, aux cuisses, aux chevilles et aux jambes et l'on me plaça des électrodes dans le sexe, dans les mains, les oreilles, sur le front, dans la bouche, au bout des seins. Vers trois heures du matin, je m'évanouis, puis délirai... ».
le 21, elle est dirigée sur une deuxième « villa » spécialisée, sise à El Biar, à Alger. Jusqu'au 25, elle est battue et ce n'est que le lendemain qu'elle est présentée au : Parquet. « Je ne peux pas » écrit-elle au juge d'instruction, « après les tortures que j'ai subies, pire que la mort parce qu'humiliantes, de la part des officiers français, dans un hôpital militaire français ou dans les locaux de l'armée, ne pas dénier à un tribunal français non seulement la compétence, mais le simple droit moral de me juger. »
Le 18 mai, soit trente-cinq jours après son arrestation, le médecin légiste, le Dr Godard vient faire son rapport et « expliquer » l'état de la prisonnière. Omettant sciemment le trajet de la balle entrée dans le dos, la blessure que les coups ont rouverte deviendra « une fistule à bords décollés et violacés donnant issue à du pus de coloration jaunâtre» qui « paraît être de nature tuberculeuse. Seul un examen bactériologique permettrait d'apporter plus de précision ». D'autre part, la flexion à angle droit de l'avant-bras gauche de Djamila Bouhired reste sans « explication clinique », le Dr Godard se bornant à recommander une radiographie. Quant aux « deux cicatrices rosées, douloureuses, longues de cinq centimètres» qui se trouvent sur le flanc droit et la face externe de la cuisse droite, il prétend volontiers qu'elles « peuvent remonter à une trentaine de jours et provenir d'une chute, d'un frottement local ou de coups portés » avant de conclure hic et nunc que « Djamila Bouhired ne porte aucune trace de violence pouvant remonter aux vingt jours qui précèdent. .. »
Aujourd'hui bien que condamnée à mort, puis graciée, devant l'émotion suscitée dans le monde entier par ses révélations, Djamila Bouhired séjourne encore dans les prisons des « civilisés ». Récemment, pour protester contre de mauvais traitements, elle s'est signalée par une grève de la faim; le martyre des Algériennes continue.
Plus de vingt jeunes filles ont été arrêtées Plus de vingt jeunes filles ont été arrêtées croupissent, près de Zéralda, au camp de Tefeschoun. Parmi elles, l'une âgée de quatre vingt-cinq ans, a vu son fils tué par les parachutistes. Sa fille et sa belle-fille sont en prison ... » (ln Résistance algérienne, n° 36, du 13 au 20 juillet 1957. Arnaud-Vergès : Pour Djamila Bouhired).
L'appel au secours de Djamila Bouhired
Aujourd'hui âgée de près de 75 ans, Djamila Bouhired est malade et elle n'a pas les moyens de se soigner. Indignée devant l'indifférence des autorités algériennes, elle a décidé, comme un ultime recours, de lancer un appel à l'aide à ses concitoyens.
« Bonjour, je suis Djamila Bouhired, condamnée à mort en 1957 par le tribunal militaire d’Alger. » C‘est par ces mots que l’ex-combattante du FLN a débuté sa lettre publiée dans le quotidien El Watan. Elle y décrit son dénuement, sa maladie, sa détresse, comme un appel au secours, cette lettre a suscité un énorme élan de solidarité à son égard.
Alors l’ex-combattante du FLN a décidé de devenir le porte-parole de ces anciens combattants. Dans une lettre ouverte adressé le le 9 décembre 2009 au président de la République, Abdelaziz Bouteflika, elle écrit :
«
Monsieur,
Je me permets d’attirer votre attention sur ma situation critique. Ma retraite et la petite pension de guerre que je perçois ne me permettent pas de vivre convenablement. D’ailleurs, mon épicier, mon boucher, ma supérette pourront témoigner des crédits qu’ils m’accordent.
Il ne m’est jamais venu à l’esprit de compléter mes revenus par des apports frauduleux qui, malheureusement, sont très fréquents dans mon pays. Je sais que certains authentiques moudjahidine et moudjahidate sont dans la même situation, probablement plus critique. Je n’ai pas la prétention de les représenter ici, mais au poste où vous êtes, vous ne pouvez ni ne voulez connaître leur dénuement.
Ces frères et soeurs, dont l’intégrité est connue, n’ont bénéficié d’aucun avantage. La somme qui leur serait allouée ne pourrait dépasser les honoraires généreux attribués aux députés et sénateurs, ainsi qu’à vous-même et à tous les alimentaires qui vous entourent. Ainsi, je vous demanderais de ne plus nous humilier et de revaloriser notre dérisoire pension de guerre afin de vivre dans un minimum de dignité le peu de temps qui nous reste à vivre.
Avec mes sentiment patriotiques. »
Source : http://fr.wikipedia.org/wiki/Djamila_Bouhired ---------------------------------------------------------------------------------------------------------
Note de la Redaction : Madamme Jamila, Le respect que nous vous devons nous impose le silence.
Cependant, si nous pouvons faire quoi que ce soit pour vous ainsi que les freres et soeurs, contactez nous svp.
Avec notre plus profond respect...
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