ISRAEL, SEULE DEMOCRATIE
GENOCIDAIRE DU PROCHE ORIENT
Le vent tourne ! La barbarie
israélienne ne parvient plus à faire avaler ses couleuvres
Israël exige ni plus ni moins
pouvoir agresser, occuper, opprimer, coloniser et tuer tout un peuple sans
avoir à affronter une quelconque résistance
Merci à notre ami et photographe François Legeait pour
ce texte qui traduit parfaitement nos sentiments face à la barbarie
israélienne et à ses mensonges complaisamment relayés par nos
dirigeants et les médias à leur botte.
Mais attention, le vent
tourne ! Nous étions près de 50 000 dans les rues de Paris aujourd’hui,
des centaines de milliers en France, et même des milliers devant la
Maison Blanche à Washington ! Et quand un quotidien aussi conservateur
que le Wall Street Journal se met à titrer "Israël commet des crimes de
guerre", ça sent mauvais pour les génocidaires...
"Vendredi : deux semaines que dure l’opération
israélienne dans la bande de Gaza. Plus de 800 morts, dont, selon les
décomptes de l’ONU, au moins 267 enfants - l’ONU dont le projet de
résolution appelant à un cessez-le-feu immédiat a été rejeté.
L’opération se poursuit donc, s’intensifie même. L’américaine
Condoleeza Rice justifie les massacres de civils par l’impossibilité
pour Israël de frapper les "terroristes" sans causer de dommages
collatéraux dans un territoire aussi densément peuplé (et n’hésite pas,
pour justifier l’énormité du bilan, à accréditer la thèse israélienne,
encore plus énorme, selon laquelle les combattants du Hamas ont recours
à des boucliers humains).
Assez d’hypocrisie ! Tout le monde connaît le contexte de Gaza. Il ne
vient donc à l’esprit de personne que la méthode employée n’est pas
adaptée à la situation ? En larguant des bombes d’une tonne sur les
quartiers d’habitation, Israël massacre sciemment des civils par
centaines. Incidents, dérapages, erreurs de tirs, malentendus
assassins, regrettables
dysfonctionnements et dommages collatéraux ne
sont pas des
exceptions mais la règle, cynique, de l’armée israélienne.
Ils traduisent un mépris total de la vie humaine. Or, "toute forme de
mépris, si elle intervient en politique, prépare ou instaure le
fascisme" (Camus). Israël se veut l’état de tous les Juifs du monde (y
compris donc de citoyens de plein droit d’autres pays), mais
discrimine, opprime et tue, à l’intérieur du territoire qu’il contrôle
(difficile de parler de frontières), ses citoyens non-juifs. Israël est
un état communautaire, fasciste et criminel.

Manif pro-Palestine
Israël rejette donc la résolution de
l’ONU (résolution votée par 14 voix sur 15 et 1 abstention : les USA).
Raison invoquée : l’exigence que le Hamas ne soit plus en mesure de
frapper son territoire. Il faut d’abord "assurer la sécurité d’Israël".
Si l’on s’en tient à cette conception, Israël ne sera - peut-être - en
sécurité que le jour où le dernier Palestien aura disparu de Palestine.
Israël exige ni plus ni moins pouvoir agresser,
occuper, opprimer, coloniser et tuer tout un peuple sans avoir à
affronter une quelconque résistance. Et qu’en est-il du droit des peuples à se défendre ? Il
serait temps de cesser de considérer la légitime résistance ("légitime
défense") du peuple palestinien comme une agression terroriste, et ceci
quels que soient les formes qu’elle prend, les moyens qu’elle emploie.
Ou qu’elle est contrainte d’employer. Quel choix lui est laissé ?
A-t-elle le choix des armes ? A-t-elle les moyens de pratiquer, non pas
une guerre propre (çà n’existe pas), mais une guerre médiatiquement
présentable, "politiquement correcte" ? Assez
d’hypocrisie ! Israël ne s’est pas retiré de Gaza en 2006 pour libérer
les Gazaouis dans un grand élan humaniste, mais comme on sort d’une
cellule avant d’en refermer la porte sur les prisonniers pour les y
laisser crever lentement.
 267 enfants de Gaza ont été tués par israël
|
Notre responsabilité collective est
grande dans ces massacres. C’est parce que nous les avons abandonnés à
leur sort que les Palestiniens en sont arrivés là. Quand nos médias
parlent-ils des manifestations pacifiques (violemment réprimées par
l’armée israélienne), ou des nombreuses associations palestiniennes qui
oeuvrent pour la paix et la démocratie ? Conformément aux normes
européennes en vigueur : jamais. "Guerre contre le terrorisme" et
maintien de l’ordre obligent. Le Proche Orient sert bien les intérêts
de nos gouvernements (et de nos entreprises, comme Alsthom et Véolia,
qui construisent le tramway de Jérusalem sur des terres occupées
illégalement). En ne parlant de la résistance palestinienne que pour
dénoncer ses travers, nos media encouragent ces derniers, car ils
deviennent dès lors pour elle la seule façon de faire entendre sa voix.
Et ce sont ces efforts désespérés d’un peuple exsangue qui servent les
desseins colonialistes d’Israël, en lui fournissant le prétexte à de
nouveaux massacres - crimes de guerre qu’à son tour la communauté
internationale encourage en ne les dénonçant pas, en ne les
sanctionnant jamais.

Résultat d’une bombe israélienne
"Nous serions la sentinelle de la
civilisation face à la barbarie" écrivait Hertzl, le père du sionisme,
en 1900. Plus d’un siècle plus tard, les mentalités n’ont pas évolué.
Mais la barbarie, elle, a changé de camp. Cessons d’incriminer la
victime et de défendre l’agresseur - même s’il nous ressemble comme un
frère. La résistance palestinienne est normale, elle
est légitime ! Qui des deux est le barbare ? L’état colonialiste qui
massacre volontairement des civils, y compris des enfants par
centaines, ou la résistance désespérée d’un peuple qui se bat pour sa
survie ? Le Hamas est arrivé au pouvoir démocratiquement, ne l’oublions
pas, malgré les incessants rappels à son "coup de force" de 2007. Ce
coup de force n’a eu lieu que parce que le Fatah, soutenu par Israël et
la communauté internationale, a refusé de rendre les rennes du pouvoir
au parti élu par le peuple. Un peuple qui n’a d’ailleurs pas
forcément choisi le Hamas pour ce qu’il est, mais plutôt pour ce qu’il
incarne : la poursuite de la résistance, n’en déplaise à ceux qui n’ont
pas ce courage.
Cessons aussi d’accuser le Hamas de tous les maux qu’endure la population palestinienne. D’abord, parce que c’est le peuple lui-même qui a choisi le Hamas comme son représentant. Le
Hamas n’est donc en cela que l’émanation, la représentation de la
population et de la résistance palestiniennes. D’hommes, de femmes, et
d’enfants. De vies de chair et de sang. Ensuite parce que ce n’est pas
le Hamas qui tue les Palestiniens, mais bel et bien l’armée
israélienne. Prétendre que le Hamas est la cause des atrocités que
subit le peuple palestinien est faux et malhonnête. Ce n’est qu’en
cessant d’opprimer ce peuple qu’Israël mettra fin à sa résistance ;
qu’en levant le siège de Gaza qu’il mettra un terme aux tirs de
roquettes sur son territoire et sur sa propre population. S’il ne le
fait pas, c’est que telle n’est pas sa priorité. Quelle stratégie, quel
objectif poursuit-il alors ?
 Les Palestiniens ont élu l’homme de gauche du Hamas. Pas le traitre de droite du Fatah
|
Le Hamas pour sa part
se dit "pas concerné" par la résolution de l’ONU. A-t-on le droit
d’exiger des Palestiniens qu’ils cessent de se défendre ? Et qui le
fera pour eux, puisque nous, nous ne le faisons pas ? Demande-t-on à
une personne que l’on est en train d’étrangler de cesser de se débattre
pour ne pas contrarier son assasin ? Tant que nous refuserons
d’admettre qu’Israël n’est pas l’agressé mais l’agresseur, jamais des
négociations ne pourront aboutir à une paix juste et durable.

C’est une erreur et une hypocrisie que
de poser en préalable la "sécurité d’Israël". Quelqu’un a-t-il pensé
(osé penser !) à exiger d’abord la sécurité des Palestiniens ? La fin
de l’occupation et de la colonisation ? La résistance palestinienne ne frappe Israël que pour défendre son territoire, ou tout du moins ce qu’il en reste.
Jamais la "solution à deux états", option diplomatique rarement remise
en question (et pourtant quasiment inappliquable concrètement tant les
positions sur le terrain sont inextricables), jamais cette option ne
sera viable, tant qu’Israël restera cet état communautaire, fasciste,
illégitime, établi et maintenu sur une terre usurpée par la force des
armes et le soutien de l’étranger.
Israël doit se réformer. Changer ou
disparaître. Cela demandera des efforts et exigera une honnêteté
intellectuelle et un courage politique peu répandus par les temps qui
courent. Mais il n’y a pas d’autre voie vers une paix juste au Proche
Orient. Et le jour où Israël sera vraiment devenu un interlocuteur pour
la paix, une paix réelle, pas un simulacre, pas une manipulation, ce
jour là seulement les conditions seront réunies pour que devienne enfin
possible cette solution à deux états. Et ce jour là, paradoxalement,
cette solution ne sera plus nécessaire, parce qu’alors un état unique,
laïc et démocratique, pourra exister sur tout le territoire de la
Palestine. Les Palestiniens eux-mêmes n’y sont pas hostiles. Mais qui
d’autre ?
En attendant ce jour, vive la résistance du peuple palestinien !"
François Legeait, auteur de "Palestine 141"
En vente à la Librairie Résistances (angle du 40 rue Guy Môquet, M° Guy Môquet. Ligne 13.)
CAPJPO-EuroPalestine