Préparatifs pour le champ de bataille en
Iran
Provoquer une guerre contre l’Iran
Guerre à la
carte: L’invasion géorgienne de l’Ossètie du sud est une nouvelle guerre « made
in US » et « made in Israël », explique Eric Walberg. Et l’Iran serait-elle la
prochaine cible ?
mg. Seymor Hersh parle
dans le New Yorker du 7 juillet d’une augmentation dramatique des
opérations clandestines dirigées par l’Armée et les services secrets
contre l’Iran depuis la fin de l’année dernière. D’après Hersh le
président Bush a demandé au congrès des moyens financiers de 400
millions de dollars pour le financement d’opérations clandestines
militaires et des services secrets. Ces opérations étaient décrites
dans un décret présidentiel qui a été présenté au congrès à la
signature.
Premier but: la déstabilisation des dirigeants religieux en Iran
Le but de cette
opération serait la déstabilisation des dirigeants religieux en Iran.
Pour cela les arabes Ahwazi – une minorité en Iran – et les Baloutches
ainsi que d’autres groupes dissidents devraient être excités et
instrumentalisés. Des opérations clandestines contre l’Iran ne sont
rien de nouveau, depuis l’année dernière dans la région frontalière de
l’Irak du Sud des membres du commando Al-Quds, la branche armée des
gardes révolutionnaires, sont kidnappés et emmenés en Iraq pour être
interrogés. La poursuite et l’homicide ciblé dans un «but de qualité»
dans «la lutte contre le terrorisme» font aussi partie de ses
opérations clandestines.
Des opérations secrètes
La dimension et la
portée de ces opérations en Iran se sont étendues de manière
révélatrice. Impliqués sont le CIA et le JSOC (Joint Special Operations
Command). Le JSOC est responsable de l’engagement secret des Task
Forces militaires qui opèrent maintenant en Iran. Beaucoup de ces
opérations sont déclarés opérations militaires clandestines, qui selon
le gouvernement Bush n’ont pas besoin du soutien du congrès, parce que
le président a le droit constitutionnel de conduire des troupes de
combat sans laval du congrès. Le gouvernement Bush essaie donc
d’effacer les frontières entre des actions de services secrets, qui ont
besoin de l’appui du congrès, et des actions militaires.
Des actes de violence ont augmenté précipitamment
Ces derniers mois, les
actes de violence ont augmenté d’une manière accélérée en Iran. Des
incidents lors desquels des membres des gardes révolutionnaires sont
tués arrivent presque chaque jour. Pour les médias iraniens, les
Etats-Unis, la Grande-Bretagne et la CIA sont ceux qui en tirent les
ficelles. Les armes employées et le matériel de communication portent
la marque des USA.
Réserves dans l’entourage des services secrets
Des membres des
services secrets et des Special Forces formulent des réserves quant à
l’emploi des mêmes moyens comme par exemple en Waziristan dans la
région frontalière de l’Afghanistan. NSA, CIA et DIA y opèrent,
ensemble avec les services secrets pakistanais afin de surveiller des
maisons de membres des Talibans et les marquer comme cible. Si la
personne ciblée entre dans cette maison, des roquettes sont tirées sur
ce but. Plusieurs chefs des Talibans ont été tués ainsi.
Selon Hersh un conseiller du Pentagone a déclaré: «Nous avons atteint
des résultats extraordinaires dans la Corne d’Afrique avec nos
intermédiaires (surrogates) et nos opérations «False flag». Et nous les
appliquons aussi en Afghanistan. Mais la Maison blanche va anéantir le
programme, si elle l’applique contre l’Iran. La Maison blanche croit
que la même manière d’agir fonctionne partout. Mais les questions
juridiques en ce qui concerne les homicides hors la loi en Waziristan
sont un moindre problème parce qu’al-Kaida et les Talibans, poursuivis
par les troupes des Etats-Unis et de l’OTAN, traversent de façon
répétée la frontière de l’Afghanistan. La situation en Iran est
beaucoup moins claire. Toutes les questions, soient elles juridiques,
stratégiques ou politiques se posent différemment en Iran.»
Cheney veut mettre en scène le «Casus belli» …
Hersh mentionne dans
une interview qu’il y a eu une rencontre dans le bureau du
vice-président, Dick Cheney. A cette occasion divers scénarios auraient
été discutés, afin de créer un incident, qui pourrait servir de «casus
belli». Entre autres on a réfléchi à construire quatre ou cinq «Patrol
Torpedo boats» (PT boats) iraniens et de les doter de Navy Seals. Au
prochain passage d’un navire de guerre américain dans le détroit
d’Ormuz, ces bateaux «reconstruits» auraient lancé une attaque contre
le navire de guerre. En fin de compte la proposition a été rejetée
parce que des Américains auraient tué des Américains.
… semblable à la guerre contre l’Iraq
Cette histoire nous
paraît familière. Quelque chose de semblable arriva dans la guerre
contre l’Iraq, lorsque Bush admit dans un entretien avec Tony Blair,
qu’il était invraisemblable de trouver des armes de destruction massive
en Iraq. Il cherchait alors d’autres possibilités de justification
d’une guerre: «Les Etats-Unis ont songé à employer des avions de
reconnaissance américains sous la protection d’avions de combat, peints
aux couleurs de l’ONU en Iraq. Si Saddam avait fait tirer dessus, il
aurait violé le droit international et le motif d’une guerre aurait été
fourni.»
Cette idée a été attribuée au président Bush. Finalement cette idée n’a
pas été réalisée. Les Etats-Unis n’estimait pas nécessaire de fournir
un prétexte quelconque.
Source : Horizon et Débats
http://mecanopolis.wordpress.com/2008/08/18/preparatifs-pour-le-champ-de-bataille-
en-iran/