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Stratégies: La géopolitique en Asie Centrale
Posté le 22 avril 2006 à 16:48:54 EDT par Amel
petrus a écrit : "

La géopolitique en Asie Centrale: Géopolitique pétrolière, Iraq, Eurasie, et dette salée de l’économie US



Le 21 septembre 2005 un site internet leader en nouvelles financières, www.financialsense.com, a interviewé F. William Engdahl sur ses vues en géopolitique, sur les développements en Irak aujourd'hui, avec l'épuisement du pétrole et avec la dette surgonflée de l'économie US. Le texte audio intégral est disponible là-dessous :

[Nota bene: D’après cette introduction, l’année des dates non indiquées dans l’article est 2005]


La Chine relève le gant dans la guerre de l'énergie


Le 15 décembre, la « China National Petroleum Corp » (CNPC), propriété d’état, a inauguré un pipeline pétrolier entre le Kazakhstan et le Nord-Ouest de la Chine. Ce pipeline cassera la signification géopolitique de celui de Bakou-Tbilisi-Ceyhan (BTC) qui fut ouvert et soutenu l’été passé en grande fanfare par Washington.

Le jeu d'échecs géopolitique pour le contrôle des flots d'énergie en Asie Centrale et globalement en Eurasie, de l'Océan Atlantique à la Mer de Chine, devient brusquement évident dans ces derniers développements.

Du point de vue de l’émergence d'un mouvement eurasien vers une plus grande indépendance énergétique de Washington, la construction du pipeline Kazakhstan-Chine est un lien encore plus intéressant politiquement du fait que la Chine envisage sans doute de demander aux compagnies russes de l'aider à remplir le pipeline de pétrole, jusqu'à ce que l'approvisionnement kazakh soit suffisant.


Du point de vue de l’émergence d'un mouvement eurasien vers une plus grande indépendance énergétique de Washington, la construction du pipeline Kazakhstan-Chine est un lien encore plus intéressant politiquement du fait que la Chine envisage sans doute de demander aux compagnies russes de l'aider à remplir le pipeline de pétrole, jusqu'à ce que l'approvisionnement kazakh soit suffisant.


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Initialement, la moitié des 200 000 baril de pétrole pompés par jour à travers la nouvelle canalisation viendra de Russie en raison du rendement insuffisant des champs kazakhs voisins, a dit le 30 novembre à Beijing [Pékin] Musabek Isayev, Vice Ministre à l'Energie du Kazakhstan. Cela signifie une plus étroite coopération énergétique Chine-Kazakhstan-Russie - le scénario de cauchemar de Washington.

Absolument dépassés, les USA sont prêts de perdre l’influence stratégique majeure sur la région eurasienne entière avec les derniers développements. Les développements kazakhs ne sont pas étrangers au fait que les tambours de guerre de Washington battent bruyamment contre l'Iran.

Le nouveau pipeline chinois court sur 962 kilomètres et il mettra la Chine à un tiers du chemin de Kashagan en Mer Caspienne, l’une des plus grandes réserves de pétrole accessibles du monde. Kashagan est la nouvelle plus grande découverte de pétrole de la décennie qui excède la taille de la Mer du Nord. C'est une raison importante du récent si vif intérêt de Washington à soutenir le changement démocratique de régime de la région de l'Asie Centrale.

Dans les 10 années à venir, les plans du Kazakhstan pour presque tripler leur production de pétrole incitent cette nation enclavée à rechercher de nouveaux itinéraires d'exportation parce qu’elle veut éviter l’excessive dépendance russe du passage des pipelines en Russie. La Chine est maintenant l’un des principaux marchés ciblés par le Kazakhstan.

Les meilleures évaluations publiques attribuent au Kazakhstan 35 milliards de barils de réserves connues pétrolières, deux fois la quantité de la Mer du Nord, pouvant tenir environ trois fois plus longtemps, selon un rapport du gouvernement kazakh sorti le 18 novembre à Londres. Les ingénieurs pétroliers allemands ont en privé rapporté le forage récent de l’italien AGIP, l’actuel leader du consortium pétrolier à Kashagan, sur un énorme champ offshore kazakh au sud-ouest Tengiz, qui a confirmé là d'énormes gisements pétroliers.

Le gouvernement du Président Nursultan Nazarbayev projette de produire 3,6 millions de barils de pétrole par jour depuis tous les champs, terrestre et en mer, kazakhs d'ici 2015. Pour 2005, ils comptent sur une moyenne d'environ 1,3 millions de barils par jour, rendant le Kazakhstan bien plus important que l'Azerbaïdjan, et second dans la production de pétrole des anciens états soviétiques, seulement pour la Russie.

L'ouverture le 15 décembre du nouveau pipeline Kazakh-Chine fut un événement important pour Beijing. Zhang Guobao, le vice-président du « National Development and Reform Commission » , l’agence suprême de planification économique de Chine, a assisté à l'ouverture. La CNPC a investi plus de 2,6 milliards de dollars au Kazakhstan depuis 1997.



Beijing prend le prix géopolitique

En octobre, Beijing a marqué un deuxième coup géopolitique majeur quand la Chine a achevé le rachat de PetroKazakhstan Inc. pour 4,18 milliards de dollars. C'était, dans un sens, la vengeance sur Washington pour le blocage de l'acquisition par la Chine d'Unocal. Les grands pétroliers US avaient fait des efforts importants pour bloquer le pétrole du Kazakhstan après la principale découverte de pétrole en mer dans le domaine de Kashagan. Ils ont échoué. ExxonMobil a été chargé de corrompre les fonctionnaires kazakhs pour obtenir une présence dans les affaires pétrolières kazakhs, et un cadre supérieur de Mobil a plus tard été emprisonné pour une évasion fiscale US à New York liée aux paiements de la corruption kazakh.

Nazarbayev apprécie les bonnes relations avec le Président de Russie Vladimir Poutine. Il était secrétaire général du Parti Communiste quand le Kazakhstan faisait partie de l'URSS, et il est considéré comme un rusé renard en termes de transactions avec Moscou, tout en gardant aussi une nette distance avec Moscou.

En octobre, la Lukoil de Russie a échoué dans son offre pour rafler PetroKazakhstan Inc., la compagnie pétrolière de l'état kazakh, lors d’une privatisation. Nazarbayev a fait connaître une variation géopolitique importante dans la stratégie, comparée à il y a une décennie ou plus, quand il s'est avéré que Washington devait être le principal allié étranger de Nazarbayev. A ce moment, la compagnie Chevron de la Secrétaire d'Etat Condoleezza Rice est devenue le premier entrepreneur et opérateur pétrolier dans le gisement pétrolier kazakh de Tengiz. C'était juste après la dissolution de l’URSS et la présence des pétroliers US au Kazakhstan était une priorité politique américaine importante soutenue par l'administration de Bill Clinton.

Le consortium Chevron Tengizchevoil a formé en grande fanfare le Caspien Pipeline Consortium (CPC) en 1993. Après des années de marchandage avec le gouvernement kazakh, Chevron a finalement construit un pipeline depuis Tengiz, sur le rivage nord-est Caspien, jusqu’à Novorossisk, un port russe de sur la Mer Noire. Suite à des années de pression, la plupart des membres du groupe CPC, y compris Chevron et Oman Oil Co, ont décidé de ne pas continuer la ligne des futures expansions du CPC.

Maintenant, une décennie plus tard et avec l’étendue des gisements pétroliers kazakhs, écrasant n’importe qui dans la région, avec son forage récemment confirmé dans le champ de Kashagan, Nazarbayev a marqué un puissant coup politique équilibrée en se tournant vers Beijing.

En octobre, Nazarbayev a annoncé que la CNPC avait gagné l'offre pour acheter PetroKazakhstan. Il sera important d’observer maintenant que Nazarbayev a gagné sa réélection le 4 décembre, étendant son règne à plus de 14 ans, faisant que Washington a commencé à faire des siennes sur « les droits de l'homme maltraités » par Nazarbayev.

La révolution « Orange » en Ukraine s’est levée derrière le candidat de l’opposition Zharmakhan Tuyakbai et son parti, « Pour un Kazakhstan Juste ». Il est arrivé deuxième avec 6,6% des voix et a pleuré à la fraude, mais Washington et la réponse des médias US était muette cette fois. Rice, dans un voyage important pour consolider l'influence tordue US en Asie Centrale, les 10-13 octobre, a tenu une réunion privée avec Tuyakbai. Il a été clairement soigné pour un futur rôle possible, mais clairement pas encore.



Washington souffre du repli stratégique

La stratégie eurasienne d'encerclement de la Chine et de la Russie de Washington a été inaugurée il y a plusieurs mois quand le Président autocratique Islam Karimov d’Ouzbékistan a dit à Washington qu’il ne pouvait plus utiliser la base aérienne militaire de Karshi-Khanabad dans le sud-est de l’Ouzbékistan, une pièce important du jeu d’échec eurasien de Washington, installée après le 11 septembre 2001.

Depuis la forte protestation US à la répression sanglante du gouvernement aux récriminations contre un procès d'état de fondamentalistes islamiques allégués à Andijan en mai passé, les relations de Karimov avec Washington se sont détériorées. La décision de Karimov de déménager [les américaine de sa base aérienne] aussi agressivement était sans doute influencée par la révolution réussie des « tulipes » en mars qui a renversé Askar Akayev au Kirghizstan voisin, et a forcé l'élection de juillet entre l'opposition et le candidat soutenu par les USA Kurmanbek Bakiev.

Le 29 Juillet, Karimov a annoncé qu’il expulsait complètement les USA de la base aérienne avec janvier 2006 comme date limite. En revanche, en octobre, le Sénat US, a voté de ne pas payer les 23 millions de dollars d’honoraires à l’Ouzbékistan pour l'utilisation passée [de la base]. Moscou et Beijing se sont mis tous les deux dans le vide. Un regard à la carte montrera pourquoi l’Ouzbékistan est stratégique pour contrôler ou pour empêcher le contrôle par des puissances étrangères, telles que Washington, de l’Asie Centrale et des routes des pipelines reliant la Russie, la Chine et le Kazakhstan. En octobre 2004, Moscou a garanti un accord de base militaire à long terme pour stationner des troupes à Douchanbe, la capital du Tadjikistan voisin, un mouvement de Moscou pour limiter la diffusion des « révolutions colorées » soutenues dans la région par Washington.

Cela paraît avoir repeint la carte géostratégique eurasienne en faveur de Moscou, avec la perte US récente de l’Ouzbékistan. L’Ouzbékistan est maintenant le principal allié efficace de la Russie en Asie centrale.

La position de Washington en Eurasie et ses futures relations avec le Kazakhstan a soudainement pris une haute priorité. Clairement, l'administration Bush a décidée que le temps n'était pas mûr pour tenter une véritable révolution « orange » au Kazakhstan ce mois, au moins pas avant que la position de Washington dans la région soit plus forte. C'était clairement le but de la visite de Rice en octobre.

Mais maintenant, avec le fort virage géopolitique de Nazarbayev en direction du jeu de Beijing pour excentrer la domination potentielle de Washington dans la région, la situation a commencé à changer nettement. Il y a un an, la Chine a tenté de racheter une part de 16% du Consortium du Gaz Britannique de Kashagan, qui était disponible à la vente. La vente a été bloquée par le membre ExxonMobil, la compagnie du consortium US plus tard chargée des corruptions et condamnée. Maintenant la Chine a ouvert un passage pétrolier à l’est du Kazakhstan, pas à l'ouest.

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Ceci a des implications stratégiques majeures pour le futur du pipeline pétrolier BTC soutenu par Washington. Ce pipeline a été construit par Caspian Oil Consortium dirigé par British Petroleum, et a été soutenu par Clinton et George W Bush, malgré le fait que c'était la route pétrolière la plus coûteuse et la moins viable sortant du Caspien.

Zbigniew Brzezinski, l'ancien conseiller à la Sécurité Nationale US, fut le chef lobbyiste de Washington préconisant l'itinéraire BTC pour éviter la Russie. Sa construction fut entreprise sur l’hypothèse qu'il drainerait non seulement le pétrole de Bakou, mais aussi une part importante du pétrole kazakh de Tengiz et des gisements pétroliers offshore de Kashagan. Oh là là !


Une plus grande stratégie énergétique de la Chine

L'ouverture du pipeline Chine-Kazakhstan en décembre est une partie d'un énorme plan chinois pour garantir autant que possible le riche pétrole kazakh.

Le plan chinois de relier plusieurs pièces de l'infrastructure - partie de construction soviétique et partie de construction chinoise - inverse alors l'écoulement de certaines d'entre elles et forge un nouveau couloir d'exportation s'étendant du bassin Caspien riche en pétrole du Kazakhstan, comprenant Kashagan, à travers une série de zones pétrolières kazakhs occidentales et centrales, et finalement vers la Chine. Avec l'achèvement de ce projet majeur, la Chine aura pour la première fois garanti une source d'énergie importée non vulnérable aux porte-avions US porteurs de groupes de batailles, comme c’est le cas pour les livraisons actuelles du pétrole du Golfe Persique et du Soudan.

Avant d'ouvrir le nouveau pipeline, la Chine importait seulement 25 000 barils par jour du Kazakhstan. Quand le lien entre Kenkiyak et Kumkol sera achevé, l'infrastructure existante reliant le proche Caspien avec la partie inaugurée le 15 décembre, le projet pompera 1 million de barils par jour. Ce sera environ 15% des besoins en pétrole brut de la Chine.

La Chine projette ensuite de se brancher sur la production des douzaines d'emplacements kazakhs qu'elle a acquis durant plusieurs années dans le passé. C'est un pétrole qui s’achemine actuellement vers l'ouest, ou au nord à travers la Russie.


Beijing préfère toujours la couleur 'rouge '

Beijing a également étudié le soutien de Washington à la série de changements de régimes à travers l'Asie centrale et les « révolutions de couleur » de Géorgie à l'Ukraine, et plus récemment au Kirghizstan [penser aussi à la pression européenne contre l’élection pro-russe de Biélorussie en avril 2006], et a évidemment décidé d’écraser dans l’œuf tout effort semblable d'organisations non gouvernementales [ONG] en Chine, ou dans les secteurs stratégiques de la sécurité à long terme de l'énergie chinoise.

La révolution des « tulipes » du Kirghizstan en juillet passé a ébranlé les tocsins de Beijing. Le possible pipeline chinois reliant le Kazakhstan, le Turkménistan, l’Iran, et ou la Russie serait clairement menacé par l’anneau des nouveaux voisins pro-Organisation Traité Atlantique Nord [OTAN] et les états entre l’ouest de la Chine et ses potentielles sources de pétrole. L’alarme a conduit à des liens plus chaudes entre Karimov de l'Ouzbékistan et Beijing ces derniers mois, aussi bien qu'à une invitation du Président biélorusse attaché à Moscou, Yuri Lukashenko.

Le journal « Washington Foreign Policy » a publié un article court d’un dissident chinois manifeste dans son édition d'octobre. L'article, intitulé, « Mesures énergiques de la Chine aux couleurs codées », vaut d’être cité :

Dans les halls du pouvoir de Chine, la chute des régimes autoritaires post-soviétiques a dressé le spectre inconfortable d'un soulèvement populaire chinois. Selon le Open magazine basé à Hong Kong, un rapport de Hu Jintao, le Président chinois, intitulé « Combattre la guerre des gens sans canon fumant », guide l'offensive de la « contre-révolution » du Parti Communiste chinois. Le rapport, diffusé à l'intérieur du Parti, décrit une série de mesures visant à tuer dans l’œuf une potentielle « révolution de couleur » chinoise.

Apparemment, quelques Chinois l'appellent « La Bataille des Deux Georges » - George Bush et le financier mondial George Soros. La pièce de Politique Etrangère continue :

Peut-être le signe le plus percutant de la Chine a été son mesures énergiques sur les ONG. Beijing croit que les organismes internationaux, en particulier les ONG de conseils, ont agi comme « mains noires » de Washington derrière les récents changements de régimes en Asie Centrale. Une récente publication d’un journal du Département de la Propagande du Parti Communiste, sortant deux fois par semaine, se référant au budget de un million de dollars annuels « Pour la démocratisation mondiale » de Washington, a identifié des ONG telles que la « International Republican Institute », la « National Endowment for Democracy » (NED), la « US Institute of Peace » et la « Open Society Institute », comme des organisations qui « lavent le cerveau » des populations locales et entraînent l’opposition politique.

En août dernier, avant une visite du haut commissaire pour des droits de l'homme de l'ONU, la police chinoise a fait une descente au siège de « Empowerment and Rights Institute », un groupe des droits de l'homme soutenu par la NED. Un nouveau règlement offrant plus de liberté aux ONG a été initialement prévu à la fin de cette année. Pas plus. Le Ministère des Affaires Civiles a maintenant cessé le traitement d’inscription des inscriptions, gelant efficacement les opérations de beaucoup de groupes. A la place, les seuls bureaux gouvernementaux portant intérêt aux ONG sont l'Agence de Sécurité Nationale (la police secrète chinoise) et la Force Publique de Sécurité.

Toutes les deux ont lancé des enquêtes dans les ONG locales. Quelques directeurs hauts placés chinois travaillant pour des ONG internationales ont été rappelés pour « des entretiens privés » avec les autorités, bien qu'aucune arrestation ou détention n'ait été rapportée. Quelques bureaux d’ONG ont clairement montré des fonctionnaires de sécurité démasqués dans un effort clandestinement pour dénicher des informations sur le personnel étranger et les organismes. Des groupes environnementaux ont été choisis pour une énorme enquête gouvernementale, très probablement parce qu'ils ont irrité les puissantes agences en lançant avec succès des discussions publiques sur des questions controversées, telles que la nourriture génétiquement modifiée et les énormes projets de barrages, et parce que seulement 10% environ des groupes verts sont actuellement enregistrés légalement.

En attendant, Beijing a commissionné des chercheurs de plusieurs académies provinciales des sciences sociales pour étudier l’activité des ONG en Chine. Les publications des ONG, comme les annuaires, ont connu de manière inattendue de fortes ventes ces derniers mois, comme elles devenaient sans aucun doute de pratiques outils d'étude. De même, des experts ont été expédiés en Asie Centrale pour étudier comment ces couleurs des révolutions jaillissent en premier des racines. Lors de la réunion du 19 mai du Politburo, les administrateurs supérieurs de l'Académie Chinoise des Sciences Sociales, où les fonds de recherche étrangers sont en général bien admis, ont rappelé « la lutte intense et compliquée dans le domaine idéologique du nouveau millénaire ». En d'autres termes, faites attention au sujet des implications politiques de votre recherche.

Selon des sources de Beijing, les décisions finales de la position gouvernementale sur les ONG seront prises lors d'une réunion en novembre au Conseil d'Etat, le corps exécutif le plus haut de Chine. Aussi longtemps que les nuages des révolutions colorées planeront au-dessus de l'Asie Centrale - certains, par exemple, attendent des orages en Biélorussie [ce qui se confirme aujourd’hui] - le gouvernement chinois restera en haute alerte... Les mouvements de Beijing contre les communautés d’ONG du pays sont en grande partie inaperçue à l’extérieur de la Chine. Si la communauté internationale veut une Chine ouverte et démocratique, elle devrait plus prêter attention à la survie et à la croissance des établissements libéraux chinois. Autrement, le pays est destiné à conserver la même nuance de rouge.


Beijing-Téhéran-Moscou

Fin 2004, Beijing a signé un accord énergétique de 70 milliards de dollars avec Téhéran, la plus grande donne à ce jour sur l’énergie avec la compagnie chinoise « Organization of Petroleum Exporting Countries ». Le consortium Sinopec de Chine a non seulement accepté d'acheter 250 millions de tonnes de GNL [Gaz Naturel Liquéfié] sur 30 ans à l’Iran, mais aussi de développer le champ géant de Yadavaran. Cet accord a couvert le développement complet par Sinopec du gisement géant de gaz de Yadavaran, la construction pétrochimique en rapport et l'industrie du gaz incluant les pipelines.

En tant qu'élément de l'énorme accord économique de coopération Iran-Chine, NORINCO, la compagnie de construction militaire gérée par l'Etat de Chine, étendra le souterrain du Métro de Téhéran.

Une deuxième phase dans la coopération énergétique stratégique Iran-Chine impliquera de construire un pipeline en Iran pour prendre le pétrole à quelques 386 kilomètres à la Mer Caspienne, en le raccordant au pipeline prévu de Chine au Kazakhstan.

A la signature de l'affaire, le ministre du pétrole d'Iran a annoncé que Téhéran voudrait voir la Chine remplacer le Japon en tant que plus grand importateur du pétrole iranien. On estime que l'Iran possède les réserves de gaz naturel les plus grandes du monde, en second après la Russie. L'Iran est un lieu d'importance stratégique énorme pour la Chine, le Japon, la Russie, l'union européenne, et pour toutes ces raisons, aussi pour Washington.

L’Iran approvisionne environ 14% des besoins en pétrole de la Chine. Avec la Russie, la Chine a été impliquée dans les dernières années 90 en fournissant de la technologie nucléaire à Téhéran. En 1997, Beijing, sous la pression de Washington, a nominalement accepté d'arrêter les expéditions apparentées au nucléair en Iran, mais les flux vont continuer car la relation de l'Iran est stratégique et critique pour la sécurité énergétique de Chine.

La Chine, un membre permanent du Conseil de Sécurité de l'ONU, a appelé à maintes reprises pour que la question du développement nucléaire iranien soit traité par l'Agence Internationale de l'Energie Atomique (AIEA). Mohamed ElBaradei, le chef de l'AIEA, récompensé Prix Nobel de la Paix, a gagné l'hostilité des faucons de guerre de Washington pour ses déclarations ouvertes sur le manque d'évidence en Irak et maintenant sur les possibilités de bombe atomique iraniennes.

Etant donné le caractère précipitée de l'administration Bush pour la guerre d’Irak en 2003, où la Chine avait un enjeu majeur dans le développement pétrolier, et les blocages US suivants d'autres tentatives chinoises pour essayer de garantir son indépendance énergétique, y compris Unocal, ce n’est pas une surprise que Beijing prenne des mesures extraordinaires pour garantir son approvisionnement à long terme en pétrole et en gaz.

L'énergie est le talon d'Achilles de la croissance économique de la Chine. Beijing sait trop bien cela. Ainsi va Washington. Une décision de Washington de prendre des mesures militaires contre l'Iran maintenant emmènera une beaucoup plus large distribution d’acteurs dans la mêlée qu’en Iraq.


Source : http://www.engdahl.oilgeopolitics.net/Geopolitics/geopolitics.html
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