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Palestine Occupée: DANS L'ARSENAL CACHÉ D'YISRAEL
Posté le 09 octobre 2004 à 20:44:59 EDT par Amel
muadib a écrit : "

DANS L'ARSENAL MILITAIRE ADMs CACHÉ D'YISRAEL: Comment Israël "disperse" les manifestations en Palestine: guerre chimique en Cisjordanie ?

Par James Brook
«Le 10 juin 2004, les deux cliniques d'Al-Zawiya ont traité 130 patients pour inhalation de gaz. Les patients étaient des enfants, des femmes, des gens âgés et des hommes jeunes. Le Dr Abu Madi a rapporté de nombreux cas de [tétanie], de spasmes des jambes et des mains, en liaison avec le système nerveux. Les pupilles étaient dilatées ... État de choc, semi inconscience, hyperventilation, irritation et sudation figuraient parmi les autres symptômes[2].»

Ainsi est écrit un rapport par des unités médicales servant dans le village de Cisjordanie de Al-Zawiya, où la résistance non-violente au Mur qu'Israël construit a été extraordinairement résolue.

D'après le rapport médical (que s'est procuré l'International Middle East Media Center - IMEMC), «le gaz utilisé contre les protestataires n'est peut-être pas un gaz lacrymogène mais un gaz neurotoxique.»

Le lendemain, le 'Bloc de la Paix' Israélien, Gush Shalom, commença un communiqué de presse par la citation suivante sur Al-Zawiya: «L'armée n'a pas utilisé hier de gaz lacrymogène. Nous savons ce qu'est un gaz lacrymogène, ce qu'on ressent. C'était quelque chose de complètement différent ... Quand nous étions encore à une grande distance d'où les bulldozers opéraient, ils ont commencé à tirer des choses comme celle-ci (tenant un tube de métal vert sombre avec l'inscription «Hand and rifle grenade N°400» - en anglais). Une fumée noire en sortit. Toutes les personnes qui la respirèrent perdirent conscience immédiatement, plus de 100 personnes. Elles restèrent inconscientes près de 24 heures. Une d'elles est toujours inconsciente, à l'hôpital Rafidiya de Naplouse. Elles avaient une forte fièvre et leurs muscles étaient raides. Certaines avaient besoin d'une transfusion de sang en urgence. Est-ce un moyen de disperser une manifestation, ou est-ce la guerre chimique?[3]»

L'incident d'Al-Zawiya semble être la dixième attaque par des soldats israéliens utilisant un "gaz inconnu" contre des civils palestiniens depuis début 2001. Nous avons des photos des boîtiers. Nous avons un film des victimes souffrant à l'hôpital. Nous avons des interviews avec des médecins palestiniens et européens qui ont traité les victimes. Et nous avons probablement des centaines, voire des milliers, de survivants. Mais nous ne savons rien de ce qu'ils sont devenus. Malgré les données, nous n'avons pas enquêté.

Tout en étant un secret d'État, le développement par Israël d'armes chimiques et biologiques (ACB) a été connu et analysé depuis des décennies. De l'empoisonnement de puits et de réseaux d'eau en 1948[4], [5] à la conversion d'avions F16 en épandeurs de gaz neurotoxiques en 1998[6], Israël a toujours montré un grand intérêt dans le développement d'agents chimiques et biologiques, et de méthodes pour leur dissémination.

En 1992, un 747 d'El Al transportant des USA vers Israël des précurseurs d'agents neurotoxiques s'écrasa sur un immeuble d'habitations d'Amsterdam[7]). D'après Salman Abu Sitta, président de la Palestine Land Society, le quotidien hollandais respecté NRC Handelsblad suivit le crash d'une enquête approfondie sur l'Israel Institute for Biological Research (IIBR), le complexe israélien des ACB de Nes Ziona. L'article rapporta des «liens étroits» avec plusieurs centres de recherche sur les ACB et médicaux américains, une «coopération étroite entre IIBR et le programme britannico-américain de guerre biologique», et «une collaboration importante en recherche sur les armes biologiques avec l'Allemagne et la Hollande[8].» A IIBR, des docteurs publient des recherches de niveau international sur l'acétylcholinestérase, le gros filon pour la conception de gaz neurotoxiques. Le complexe de Nes Ziona a la réputation d'avoir inventé un fusil à aiguille empoisonnée «indétectable» pour des assassinats «propres»[9]. En septembre 1997, deux jours après que le roi Hussein de Jordanie ait dit au Premier Ministre Natanyahou que le Hamas souhaitait des négociations, des agents du Mossad en Jordanie essayèrent de tuer le dirigeant du Hamas Khaled Misha'al d'une dose létale de fentanyl (9[10].

Pendant des années, des rumeurs ont couru qu'Israël utilisait ou testait des agents chimiques inconnus sur des civils palestiniens.

Les rumeurs commencèrent à montrer leur substance le 12 février 2001, quand Israël commença une campagne de six semaines d'attaques par des «nouveaux gaz» dans la bande de Gaza et en Cisjordanie. Par chance, le cinéaste américain James Longley arriva à Khan Younis, à Gaza, au milieu de la première attaque. Cet après-midi là, il commença à filmer les victimes. Son film primé, Gaza Strip, documente la réalité nue de l'armement chimique d'Israël: les boîtiers, les médecins, les témoins, et l'affreuse souffrance des victimes, dont beaucoup sont restés hospitalisés des jours ou des semaines[11]. Le gazage de quartiers de Khan Younis du 12 février présageait des attaques qui suivirent. Quand les boites de gaz touchent le sol, elles envoyent des nuages de fumée fuligineuse, blanche ou noire. Le gaz n'irrite pas et, sans odeur au début, prend une senteur douce de menthe après quelques minutes. Une victime de souvient, «Ça sentait bon. Vous avez envie d'en respirer plus. Vous vous sentez bien en le respirant.» La fumée varie souvent en un 'arc en ciel' de couleurs changeantes[12], [13]. Cinq à trente minutes après avoir respiré le gaz, les victimes commencent à se sentir malades et ont du mal à respirer. Un mal fulgurant commence à leur tordre les boyaux, suivi de vomissements, parfois de sang, puis d'une hystérie complète et de convulsions extrêmement violentes. De nombreuses victimes souffrent d'un syndrome incessant pendant des jours ou des semaines, alternant convulsions et périodes d'angoisse consciente, avec contractures et vomissements. Les Palestiniens le disent: «Ça ne ressemble à rien de connu avant[14].» Quarante personnes ont été admises à l'hôpital Al-Nasser «dans un état bizarre d'hystérie et de dépression», souffrant d' «évanouissements et de spasmes». Seize gazés durent être transférés aux soins intensifs. Les médecins «relatèrent aux Israéliens l'usage d'un gaz qui apparaissait causer des convulsions[15].»

Au camp de réfugiés de Gharbi, 32 personnes «furent traitées pour de sérieuses lésions» après l'exposition au gaz. Le Dr Salakh Shami de l'hôpital Al-Amal rapporta que l'hôpital reçut «environ 130 patients souffrant de l'inhalation de gaz du 12 février[16].» Le personnel médical abasourdi «n'avait jamais rien vu comme le gaz à Toufa.» Les victimes "sautaient en haut, en bas, à gauche et à droite, balançaient leurs membres en tous sens», souffrant de «convulsions … une sorte d'hystérie. Ils tremblaient tous." D'autres étaient déjà inconscients. Une heure ou deux après, ils en sortaient. Et les convulsions et les vomissements et la désorientation et la douleur revenaient[17].

Le lendemain, 13 février, les forces israéliennes déployèrent de nouveau les étranges boites de gaz à Khan Younis. Plus de quarante nouvelles victimes du gaz, «dont un certain nombre d'enfants d'1 à 5 ans», arrivèrent à l'hôpital Al-Nasser et à celui du Croissant Rouge palestinien[18]. Les nouvelles commencèrent à se répandre. «Les forces de sécurité palestiniennes ont accusé l'armée israélienne d'utiliser des gaz neurotoxiques au cours d'une fusillade hier», rapporta AFX News Limited, notant «l'armée a formellement nié les accusations[19].» La Voix de Palestine rapporta que «les spécialistes pensent qu'il s'agit d'un gaz neurotoxique internationalement interdit.» Ceux qui ont inhalé le gaz «souffraient de dépression et vomissaient du sang[20].»

Le lendemain, Deutsche Presse-Agentur citait le Dr Yasser Sheikh Ali de l'hôpital Al-Nasser: «Israël a utilisé contre les Palestiniens une variété puissante de gaz lacrymogène qui cause des convulsions et des spasmes.» D'après DPA, «plus de 80 Palestiniens … rapportèrent que les soldats israéliens avaient utilisé le gaz à fumée blanche, mais Israël l'a nié[21].» Le Centre Palestinien des Droits de l'Homme (PCHR) rapporta que le 15 février, trois autres boites de gaz empoisonné avaient été tirés sur des maisons dans le camp de Khan Younis, et «11 autres Palestiniens civils, surtout des enfants, ont souffert de suffocation et de spasmes à cause de l'inhalation de gaz»[22]. Le journaliste britannique Graham Usher écrivit que des civils de Khan Younis étaient «incapacités» par «une 'nouvelle' sorte de gaz toxique[23].»

Le Président de l'Autorité Palestinienne Yasser Arafat "accusa Israël d'utiliser un gaz toxique» publiquement. L'armée israélienne envoya un second démenti. Le ministre israélien des communications Ben Eliezer qualifia les rapports sur les victimes du gaz à Khan Younis d'«incorrects et faux». Le ministre de l'Autorité Palestinienne Nabil Shaath dit qu'un échantillon de gaz serait envoyé à «un centre international pour analyse»[24]. Les résultats, s'ils existent, ne furent jamais divulgués.

Le 18 février, on rapporta que près de la colonie de Neve Dekalim, les soldats israéliens tirèrent quatre boites de gaz toxique sur des maisons de Khan Younis. Plus tard l'après-midi, d'autres charges furent tirées, forçant les Palestiniens à fuir de chez eux. Le PCHR rapporta que «41 civils Palestiniens, surtout des femmes et des enfants, souffraient de suffocations et de spasmes[25]. D'après le décompte du PCHR, 238 Palestiniens furent affectés par les attaques au gaz toxique du 12 au 20 février. 37 victimes étaient encore hospitalisées le 22 février[26].

Le 2 mars, un gaz inconnu fut utilisé contre des civils en Cisjordanie à Al-Bireh. Les soldats israéliens auraient tiré «des boites d'un gaz noir très actif similaire à celui utilisé il y a trois semaines à Khan Younis[27].» Le lendemain, les forces israéliennes à l'est de Gaza City utilisèrent un gaz qui «laissait des symptômes différents de ceux du gaz utilisé en premier à Khan Younis depuis le 12 février», quoique il y eût aussi des similitudes. Dans cette attaque, le début de la douleur abdominale semblait plus tardif[28]. Le 30 mars, des professionnels médicaux de Naplouse rapportèrent que les soldats israéliens utilisaient le nouveau gaz toxique contre des manifestants palestiniens[29]. Le journaliste britannique Jonathan Cook rapporta une attaque au gaz sur une cour d'école au village d'Al-Khader près de Bethléem. Slimane Salah, 13 ans, jouait quand un container de gaz tomba à côté de lui, «l'enveloppant dans un nuage de gaz que les témoins qualifièrent d'inhabituel, de couleur jaune». Il fallut de fortes doses d'anti-convulsifs pour contrôler les crises du garçon et le garder conscient. Ses symptômes «furent finalement sous contrôle cinq jours après son exposition au gaz. Mais le père de Salah dit que le garçon souffre toujours de maux d'estomac, de vomissements, de torpeur et de problèmes respiratoires[30].»

Dans son rapport spécial de mars 2003, 'Israel Secret Weapon', BBC Télévision passa en revue cette série d'attaques au gaz, notant, «L'armée israélienne a utilisé de nouvelles armes non identifiées. En février 2001 un nouveau gaz a été utilisé à Gaza. 180 patients furent admis dans les hôpitaux avec des convulsions sévères … Israël est au dehors des traités sur les armes chimiques et biologiques et refuse toujours de dire ce qu'était le nouveau gaz»[31].

Dans mon analyse d'amateur des déclarations des victimes, des témoins et du personnel médical sur cette série d'attaques, j'ai identifié 33 symptômes différents attribués au gaz non identifié. Tous, sauf trois, semblent être typiques d'un empoisonnement par gaz neurotoxique[32] (31). Tareq Bey, un expert en guerre chimique à l'Université de Californie d'Irvine, a dit au Chicago Reader que les symptômes qu'on lui a décrit «correspondent tous très bien avec un gaz neurotoxique», quoique il était étonné par le parfum signalé et par les démangeaisons[33] (32).

Dans un article du 3 octobre 2003, Jennifer Loewenstein et Angela Gaff demandaient, "Quel gaz Israël utilise t-il ?» Elles rapportaient l'histoire de Mukhles Burgal, un prisonnier palestinien pris dans une attaque brutale dans la prison d'Ashkelon. Les «gardiens se frayèrent un chemin dans la cellule surpeuplée, et l'arrosèrent de deux boites d'une sorte de gaz. Certains des 14 prisonniers se sont évanouis … Les effets du gaz étaient des spasmes musculaires sévères et la sensation irrésistible d'être incapable de respirer[34].»

Le surlendemain, le Palestine Monitor rapporta qu'à Rafah, les forces israéliennes étaient accusées de «tirer des grenades au gaz contenant un gaz noir qu'on pense être de l'adamatite [de l'adamsite ?] - dont l'usage est interdit par la loi internationale. Les autorités médicales prièrent les gens d'éviter les gaz à tout prix, car il ne cause pas seulement des difficultés respiratoires, mais il affecte sérieusement le système nerveux[35].» Pour une raison inconnue, le communiqué du PCHR du même jour, source apparente de ces rapports, n'est plus disponible [36]. Le 14, la témoin Laura Gordon écrivit, «L'armée a utilisé un genre de gaz neurotoxique pour la première fois à Rafah, laissant des gens plusieurs jours dans les convulsions[37].»

Après la récente attaque au gaz à Al-Zawiya, les édiles de la ville ont rapporté au journal al-Ayyam, «les troupes d'occupation israéliennes utilisaient une substance illégale qui a causé des spasmes nerveux et plusieurs cas ont dû être transférés dans les hôpitaux de Naplouse[38].» Le Centre de Presse Internationale (IPC) de l'Autorité Palestinienne a rapporté que «les sources officielles et publiques à Al-Zawiya ont déclaré que ceux qui avaient inhalé le gaz lacrymogène tiré par les troupes des IDF il y a quatre jours souffrent toujours des effets du gaz … un certain nombre de ces citoyens ont déjà des amnésies totales ou partielles, en plus de crampes … en plus de crampes étranges toutes les trois heures … Ceux qui ont respiré le gaz souffrent toujours de fortes douleurs aux articulations et de nausées depuis quatre jours. Les témoins se souviennent que les soldats israéliens s'empressaient de ramasser les boîtiers de gaz vides.» Les journalistes ont dit à l'IPC «que le gaz était de différentes couleurs qu'ils n'avaient jamais vu sortir d'une boite de gaz lacrymogènes avant, et que certains gaz avaient une odeur inconnue[39].» D'après l'IMEMC, "…des dizaines de manifestants qui ont inhalé ce gaz ont eut des pertes de mémoire partielles. Le Dr Bassam Abu Madi a dit à l'IMEMC que certains de ceux qui avaient inhalé le gaz avaient eu des suffocations sévères et des contractions des muscles des pieds et des bras. Les témoins disaient que le gaz avait une étrange odeur et une couleur brun rouge.»

Dans un article consécutif, IMEMC conclut que «les protestataires furent attaqués avec un gaz différent des gaz lacrymogènes. Ceux qui inhalèrent le gaz souffrirent d'amnésie partielle tandis que d'autres avaient des symptômes de gaz neurotoxiques. Mais ceci n'a pas été confirmé médicalement par manque de laboratoires pour inspecter les boîtiers de gaz ramassés sur les lieux[40].» Al Jazeera rapporta l'opinion d'Awni Khatib, un professeur de chimie à l'Université d'Hébron; "les nouveaux symptômes - particulièrement les violentes convulsions qu'ont connus des protestataires palestiniens hors du village de Sawiya au sud-ouest de Naplouse - suggèrent que l'armée israélienne pourrait utiliser une nouvelle classe de produits chimiques, entre lacrymogènes et armes chimiques»[41].

L'utilisation répétée de produits chimiques hautement toxiques contre les civils palestiniens est maintenant un secret éventé. Nous devons nous attendre à ce que ces attaques continuent jusqu'à ce qu'un effort concerté soit fait pour déterminer les faits et en rendre Israël responsable. Jusqu'à présent, la communauté internationale des Droits de l'Homme a constamment ignoré les preuves qui s'accumulent.

Quand des enquêteurs professionnels commenceront-ils à recueillir et à tester les cylindres de gaz ? Pourquoi personne sauf James Longley ne s'est-il donné la peine de rapporter des interviews avec des victimes, des médecins et d'autres témoins ? Dans un monde où la simple possession d'armes chimiques par un pays peut servir d'excuse pour un châtiment international, comment l'emploi d'armes chimiques contre des civils par un autre pays peut il être mis à l'écart sous le qualificatif de tactique «regrettablement excessive» de contrôle des foules ?

Notre silence empoisonne la Palestine.



CounterPunch.org du jeudi 15 juillet 2004. Traduit de l'anglais par Jean-Pierre Bouché. Point d'information Palestine 239 du 13 août 2004. Newsletter privée réalisée par La Maison d'Orient - BP 105 - 13192 Marseille Cedex 20 - France Phone + Fax: +33 491 089 017 - E-mail: lmomarseille@wanadoo.fr

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